L'Établissement pénitentiaire de Thorberg (EP Thorberg) sert à l'exécution de peines et d'internements en milieu fermé. Il accueille des détenus présentant des risques d'évasion ou de récidive.
Régimes et sections
Il y a plusieurs sections au sein de l'EP Thorberg, qui se chargent de différents régimes d'exécution judiciaire.
Le Centre d'évaluation peut accueillir jusqu'à trois nouveaux détenus par semaine. Ceux-ci y restent généralement une semaine.
Tâches du Centre d'évaluation
Évaluation psychologique
- L'équipe examine le dossier pénal et le dossier d'exécution relatif au nouveau détenu.
- Des entretiens sont menés afin de comprendre la situation et les besoins du détenu.
- Cela permet d'obtenir un résumé du cas et une évaluation des risques.
Plan d'exécution
- Un plan d'exécution provisoire est rédigé.
- L'objectif est que le détenu prenne part aux interventions et aux programmes de l'établissement qui lui correspondent.
Interventions de crise
Le Centre d'évaluation comprend aussi trois places pour les détenus qui ne parviennent pas à s'adapter aux exigences du régime ordinaire, qui implique de vivre dans un grand groupe. Ils y bénéficient d'un soutien intensif.
L'objectif est de déterminer les dispositions à prendre:
- Retour en régime ordinaire
- Transfert en section de sécurité B
- Réexamen du cas par les autorités
140 détenus environ sont placés en régime ordinaire dans des sections ou des étages de 20 à 35 résidents. Les détenus sont seuls ou par trois dans leur cellule.
Vie quotidienne en régime ordinaire
- Durant les jours ouvrés, les détenus travaillent en atelier ou dans les entreprises de prestations internes à l'établissement.
Temps libre
- À midi et après le travail, les détenus se déplacent librement dans leur section ou à leur étage.
- Ils organisent eux-mêmes leur temps libre et peuvent profiter de différentes offres de loisir en groupes.
Enfermement en cellule: tous les jours à 21 h 30.
La section de sécurité dispose de douze places. Les détenus y séjournent sur décision des autorités de placement, à chaque fois durant six mois au maximum.
Le séjour d'un détenu peut être prolongé ou raccourci selon le résultat de l'examen individuel de son cas.
Niveaux de sécurité
Section de sécurité A – haute sécurité (quatre places)
Détenus concernés: détenus dangereux pour eux-mêmes ou pour autrui
Hébergement: hébergement individuel dans des cellules spécialement sécurisées
Travail: une demi-journée dans leur propre cellule de travail
Contact avec les collaboratrices et collaborateurs: toujours trois membres du personnel lors de contacts directs hors de la cellule
Interventions et visites: toujours derrière des vitres de séparation
But: préparation au transfert en section de sécurité B
Section de sécurité B – sécurité renforcée (huit places)
Détenus concernés: détenus qui n'ont plus besoin d'être en section de sécurité A, mais ne sont pas encore prêts à intégrer le régime d'exécution ordinaire
Motif: comportement agressif ou fort besoin d'encadrement en raison de l'incapacité à s'adapter aux exigences du régime d'exécution ordinaire
Hébergement: hébergement en petits groupes avec loisirs en commun et travail dans leur propre atelier
Contact avec les collaboratrices et collaborateurs: toujours deux membres du personnel lors de contacts directs hors de la cellule
But: préparation au transfert en régime d'exécution ordinaire
La section de longue durée dispose de douze places destinées aux détenus dont la peine ou la mesure s'étend sur de nombreuses années.
But: réduction des effets négatifs de la détention grâce à un accompagnement et un encadrement soutenus. Les détenus sont préparés aux allégements et à la réinsertion dans la société.
Personnes internées: les conditions de détention sont adaptées au statut particulier des détenus internés.
Approche: le fonctionnement de la section de longue durée se base sur l'aide-mémoire du concordat (en allemand).
Interventions et offres
Le plan d'exécution individuel (en allemand), qui répond à des prescriptions légales, constitue la base du travail avec les détenus.
L'exécution de peines et mesures répond à des objectifs fixés dans les domaines suivants.
- Santé
- Hébergement
- Travail
- Thérapie médico-légale / travail sur l'infraction
- Réparation matérielle
- Formation et perfectionnement
- Loisirs
- Finances
- Relations avec le monde extérieur
- Allégements
- Préparation à la libération
Les objectifs (en allemand) fixés par le concordat constituent une base et sont adaptés au cas par cas.
Centre d'évaluation: lors du séjour dans le centre d'évaluation, un plan d'exécution provisoire est déjà établi afin de proposer rapidement au détenu des interventions et des offres lui correspondant.
But: travailler sur ses objectifs propres encourage le détenu à utiliser intelligemment son temps passé à l'EP Thorberg. Cela améliore ses perspectives d'amendement et facilite sa réinsertion dans la société.
Vérification: le plan d'exécution est contrôlé régulièrement et adapté à l'évolution du détenu.
Plan de thérapie: en plus du plan d'exécution, les psychothérapeutes établissent un plan de thérapie pour le détenu qui suit une psychothérapie.
À l'EP Thorberg, l'approche centrée sur le risque ainsi que la sécurité dynamique revêtent une importance centrale. Ces deux concepts constituent la base du travail mené avec les détenus et ils permettent de garantir la sécurité des personnes au sein de l'établissement ainsi que de la collectivité.
Comme tous les établissements pénitentiaires en Suisse alémanique, l'EP Thorberg travaille selon le modèle de l'exécution des sanctions orientée vers les risques.
Approche centrée sur le risque
Un résumé du cas est établi pour chaque détenu au début de l'exécution de sa peine. Il contient des renseignements sur la gestion des risques au cours de l'exécution de la sanction et est actualisé dès que de nouvelles informations arrivent.
Éléments importants dans l'approche centrée sur le risque:
- Collaboration interdisciplinaire entre toutes les professions présentes au sein de l'établissement
- Bonne gestion de l'information à l'interne et avec les autorités de placement
Sécurité dynamique
- Les collaboratrices et collaborateurs observent continuellement les détenus et repèrent suffisamment tôt les éventuels comportements problématiques (p. ex. agression ou retrait).
Buts
- Réagir de façon préventive et éviter de potentiels conflits
- Les collaboratrices et collaborateurs sont présents sur place, suivent la dynamique de groupe et sont attentifs au bien-être de chaque personne
- Les collaboratrices et collaborateurs sont notamment présents lors d'activités quotidiennes telles que les repas dans les étages ou les sections.
Chaque détenu est suivi par une travailleuse sociale ou un travailleur social qui gère son cas et l'accompagne au cours de l'exécution de sa peine ou de sa mesure.
Tâches principales des travailleuses et travailleurs sociaux
- Planification de l'exécution: examiner et adapter le plan d'exécution individuel, en étroite collaboration avec le personnel des domaines de l'encadrement, du travail, des loisirs et de la formation.
- Collaboration externe: entretenir le contact avec des autorités et des institutions telles que la Section de la probation et de l'exécution des sanctions pénales, les services des migrations, les services sociaux, les tribunaux, les ministères publics et les caisses-maladie.
- Conseil et soutien: aider les détenus dans les questions ayant trait à la période qui suit la libération et les soutenir dans leurs projets de réinsertion. À cette fin, les travailleuses et travailleurs sociaux collaborent étroitement avec la Croix-Rouge suisse et le Service Social International.
- Rédaction de rapports de conduite: établir des rapports sur mandat d'autorités de placement ou de tribunaux.
Une personne de référence est attribuée à chaque détenu à son étage. Elle est la personne de contact à qui le détenu s'adresse au quotidien en cas de questions, de demandes ou de problèmes.
Tâches de la personne de référence
- Conduite d'entretiens mensuels: réaliser au moins un entretien par mois avec le détenu pour discuter de son état général et de son comportement dans la partie habitable et la zone de loisirs. Ces entretiens sont consignés et utilisés pour l'amélioration du quotidien en détention.
- Conseil et soutien: conseiller le détenu sur les questions du quotidien ou l'adresser au service compétent en cas de nécessité.
- Détection précoce des tensions: détecter les conflits et les risques suffisamment tôt grâce à un contact actif et à une communication permanente.
Dans le modèle de la sécurité dynamique, le travail avec la personne de référence constitue un élément important basé sur la présence, la communication et une culture d'établissement positive.
- But: prévenir la violence, renforcer la sécurité et encourager la réinsertion sociale des détenus.
Le travail constitue une part très importante du quotidien des détenus. Il apporte une structure, du sens et une certaine forme de normalité. qu'il contribue à structurer et auquel il apporte du sens et une certaine forme de normalité. Sur le plus long terme, il améliore les perspectives d'une réinsertion réussie.
Dans les ateliers et les entreprises de prestations internes de l'EP Thorberg, où les détenus remplissent leur obligation légale de travailler, l'établissement a développé une approche socioprofessionnelle claire.
Dans leur travail, les détenus bénéficient d'un accompagnement socioprofessionnel par les cheffes et chefs d'atelier.
Buts de l'accompagnement socioprofessionnel
- Améliorer les compétences
- Développer les capacités propres à chacun
- Accroître les chances d'un retour réussi au sein de la société
Principes de base de l'accompagnement socioprofessionnel
- Application individuelle: les détenus se voient attribuer leurs tâches en fonction de leurs compétences, de leur capacité de travail et de leur potentiel d'amélioration.
- Retour régulier: les détenus reçoivent des retours réguliers et constructifs sur leurs prestations et leur comportement.
- Conditions de travail sûres et conformes à la pratique: les postes de travail sont conformes aux standards modernes et répondent, dans la mesure du possible, aux conditions de travail sur le marché primaire de l'emploi.
L'accompagnement socioprofessionnel permet d'associer travail productif et développement personnel, ce qui apporte de la sécurité et de la stabilité et contribue à la réinsertion sociale des détenus.
La formation constitue une part importante du quotidien en détention à l'EP Thorberg.
- La formation encourage le développement personnel et améliore les perspectives post-détention des détenus.
Les détenus ont la possibilité de suivre des cours de langue en français et en allemand (Fep – Formation en exécution des peines | CSCSP) ainsi que des cours d'informatique et d'anglais. Ils peuvent y obtenir des certificats reconnus sur le plan international.
L'enseignement se fait en petits groupes et est donné par des enseignantes et enseignants qualifiés, afin d'apporter aux détenus un soutien efficace et individuel.
À l'EP Thorberg, les détenus ont la possibilité d'occuper leur quotidien de manière judicieuse et d'apporter une structure à leurs journées en pratiquant diverses activités sportives ou de loisirs, ce qui améliore leur bien-être et développe leurs capacités sociales.
Du personnel qualifié leur propose des entraînements de force et d'endurance ainsi que des activités de groupe comme du football ou du volleyball. En outre, deux salles de fitness bien équipées sont à la disposition des détenus qui désirent s'entraîner de façon individuelle.
Les détenus disposent d'une médiathèque et ont aussi accès à un programme de cours varié. Des cours d'échecs, par exemple, sont donnés sous la direction du club d'échecs de Berne (Schachclub Bern).
Les détenus ont accès aux mêmes soins médicaux de base que le reste de la population (Santé | CSCSP). Le personnel de santé est soumis au secret médical.
L'EP Thorberg dispose d'un Service sanitaire tenu par du personnel soignant diplômé. Ses tâches sont les suivantes.
- Premier examen en cas de problèmes de santé
- Traitement des urgences
- Administration de traitements
- Orientation vers des spécialistes en cas de besoin
Les collaboratrices et collaborateurs du Service sanitaire travaillent sous la conduite du médecin et du pharmacien de l'établissement.
En outre, les prestations suivantes sont proposées par des spécialistes externes.
- Traitements dentaires
- Physiothérapie
- Consultation diététique
- Soins des pieds
- Optique ophtalmique
L'EP Thorberg collabore étroitement avec la Division cellulaire de l'Hôpital de l'Île, où des traitements hospitaliers ou ambulatoires sont prodigués aux détenus par des spécialistes.
L'EP Thorberg propose des traitements de substitution à la méthadone. En outre, les personnes souffrant d'une forte dépendance ont la possibilité d'obtenir des seringues auprès du Service sanitaire. Cette mesure vise à prévenir les maladies infectieuses.
Les soins psychiatriques et psychothérapeutiques des détenus sont assurés par la clinique universitaire de psychiatrie et psychologie médico-légale, rattachée aux Services psychiatriques universitaires de Berne (Universitäre Psychiatrische Dienste Bern (UPD) – UPD Bern [site en allemand]).
Vue d'ensemble
Soins psychiatriques de base
Une ou un psychiatre de la clinique universitaire de psychiatrie et psychologie médico-légale se charge des soins psychiatriques de base et prescrit les psychotropes (p. ex. contre la dépression, les psychoses ou les problèmes de sommeil). Sur demande des psychologues, les psychiatres accompagnent aussi des traitements psychothérapeutiques.
En cas de crises psychiques aiguës ne pouvant être traitées au sein de l'EP Thorberg, les détenus sont transférés soit à la station de psychiatrie forensique de la clinique universitaire de psychiatrie et psychologie médico-légale, soit à la Division cellulaire de l'Hôpital de l'Île, en fonction du traitement à fournir et de son objectif.
Soins psychothérapeutiques de base et interventions de crise
Des entretiens thérapeutiques ad hoc sont menés avec les détenus en cas de crise psychique aiguë.
Les détenus souffrant de troubles mentaux aigus sans lien avec l'infraction qu'ils ont commise peuvent suivre une thérapie axée sur leurs troubles.
Psychothérapie axée sur l'infraction
Dans le cadre de traitements ambulatoires ordonnés par un tribunal au sens de l'article 63 du Code pénal suisse (CP), les détenus suivent généralement de longues psychothérapies à raison d'une séance par semaine.
Une thérapie peut aussi être mise en place sur demande de l'autorité de placement ou du détenu, après un examen préalable.
La thérapie est axée sur l'infraction et les troubles, l'objectif étant de diminuer le risque de récidive dans le domaine de la criminalité en général et des infractions de nature violente ou sexuelle en particulier.
Offres de thérapie de groupe
La clinique universitaire de psychiatrie et psychologie médico-légale propose régulièrement des thérapies de groupe. Certaines visent à prévenir la violence (p. ex. Reasoning & Rehabilitation), d’autres sont axées sur les troubles et servent par exemple au traitement d'addictions.
L'accompagnement spirituel des détenus est assuré par des religieux chrétiens et un imam.
Offres de l'aumônerie
Entretiens individuels: les aumôniers mènent régulièrement des entretiens individuels avec les détenus.
Visites dans les sections: les aumôniers visitent les détenus directement à leurs étages et dans leurs sections, pour leur proposer un soutien dans leur quotidien.
Fêtes et services religieux: les aumôniers sont responsables de l'organisation de services religieux et des fêtes religieuses les plus importantes pour les grandes religions, telles que
- Pâques et Noël (protestants, catholiques, orthodoxes),
- la rupture du jeûne (Aïd el-Fitr) ou
- la fête du sacrifice (Aïd al-Adha).
Diversité religieuse: pour les demandes émanant de détenus d'autres religions, les aumôniers peuvent faire venir des représentantes et représentants des religions concernées en cas de besoin.
L'aumônerie contribue ainsi à répondre aux besoins des détenus en matière de religion et les accompagne personnellement au cours de l'exécution de leur peine.
Les détenus prennent part à des entretiens portant sur l'infraction qu'ils ont commise. Ceux-ci ont pour but de se pencher sur l'infraction et d'amener les détenus à réfléchir sur leur comportement.
Ces entretiens sont menés
- par les personnes de référence au sein des sections,
- par les travailleuses et travailleurs sociaux du Service social de l'établissement ou
- dans le cadre de traitements psychothérapeutiques.
Le but est d'encourager les détenus à mener une autoréflexion, de les aider à comprendre leurs schémas d'action et de les préparer à leur réinsertion.
Certains détenus reçoivent régulièrement la visite d'un chien de thérapie.
Le contact avec un animal peut aider les détenus à construire une proximité émotionnelle et à accorder leur confiance, en particulier ceux pour lesquels le contact humain est difficile.
Ces visites profitent particulièrement aux détenus exécutant des peines ou des mesures d'internement longues, puisqu'elles apportent de la distraction, de la joie et du soutien émotionnel.
Les détenus qui n'ont pas de proches en Suisse ou qui se sentent seuls peuvent obtenir la visite de bénévoles de la Section de la probation et de l'exécution des sanctions pénales.
Les bénévoles viennent régulièrement rencontrer les détenus pour les soutenir et discuter avec eux. Elles et ils les aident ainsi à créer un lien social et leur apportent un soutien émotionnel au cours de l'exécution de leur peine ou de leur mesure.



